L’affaire Jean-Pierre Bemba : un pot pourri de la question de la responsabilité du supérieur hiérarchique et des méandres de la justice pénale internationale ?
Par Joseph Yav Katshung
L’Afrique, particulièrement l’Afrique Centrale et la région des Grands Lacs, est souvent confrontée au difficile héritage des graves violations et abus des droits de l’homme. Encre, salive voire le sang ont coulé et continuent de couler sans que justice ne soit – effectivement - faite.
Dans cette quête de justice, la Cour Pénale Internationale (CPI) fut créée par le traité de Rome du 17 juillet 1998 (Traité ou Statut de Rome). Le Statut de Rome exigeait 60 ratifications pour sa création ou son entrée en vigueur. Ces 60 ratifications ont été rassemblées en 2002 et la République Démocratique du Congo (RDC) est le 60e pays qui a déposé ses instruments de ratification le 11 avril 2002 pour permettre à cette Cour de fonctionner à partir du 1er juillet 2002. À partir de cette date, les crimes de génocide, le crime contre l’humanité et le crime de guerre, relèvent de la compétence de ladite Cour.
Le Statut a introduit en son sein un principe important qu’est la responsabilité des chefs militaires et des chefs hiérarchiques. Ce principe déroge du principe pénal de la responsabilité pénale individuelle en posant l’axiome qu’en cas de commission d’un crime de la compétence de la CPI, le défaut du chef militaire ou du supérieur hiérarchique, ayant eu connaissance des faits, de prévenir ou de mettre fin ou même de sanctionner engage sa responsabilité pour le crime commis par les hommes placés sous son commandement.
Ce principe est aujourd’hui au cœur d’un débat fort passionné à travers le monde à la suite de l’arrestation du Sénateur Jean Pierre Bemba par la Belgique sur base du mandat d’arrêt international lancé en son encontre par la CPI et des vacillements dans le dossier de Thomas Lubanga.(Lire la Suite)
When reality contradicts rhetoric: Civilian protection in the Democratic Republic of Congo
Reviewing the entrenched state of crisis engulfing the eastern DR Congo, Joseph Yav Katshung argues that it is only through strong political will that the conflict will begin to stem. As the author underlines, this is will on the part of a range of domestic and international actors, whose ability to articulate a clear strategy for enhanced civilian protection will ultimately determine whether vulnerable populations see the consequences of armed conflict reduced. Only on the strength of sustained political commitment, Katshung emphasises, can rhetoric translate into reality. (
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Ressources Naturelles et Conflits en Afrique, la Série Continue :
La R.D.Congo et l’Ouganda de nouveau dans la danse ?
Dr. Maître YAV KATSHUNG JOSEPH
« J'espère qu'ils ne vont pas trouver de pétrole …Alors nous serons réellement en danger ». [Blood Diamond /Diamant de Sang)]
Introduction
Pour adapter une vieille métaphore, l'on dirait que quand la Région des Grands Lacs d'Afrique éternue, le monde entier, y compris l'Afrique, s’enrhume. Plusieurs éléments interconnectés ont influencé les conflits dans cette région, y compris les intérêts des pays voisins, la compétition autour des ressources naturelles et économiques, des préoccupations quant à l'instabilité et le manque de sécurité, ainsi que le chauvinisme ethnique, pour n'en citer que quelques-uns.
Les possibilités de trouver du pétrole dans la région des Grands Lacs semblent encore une fois dangereuses. Il semble que l'Ouganda et la République Démocratique du Congo aient ignoré ce que les prospecteurs croient être des réserves de pétrole allant jusqu'à un milliard de barils dans le Bassin Albertin qu'ils se partagent. Tout récemment, la région pétrolière de l'Est de la RDC était le théâtre d'affrontements qui se sont soldés par la mort de civils et de militaires, entre les armées congolaise et ougandaise. Des craintes existent de voir ce conflit s'étendre et embraser les frontières.
Ceci pourrait mener à un autre cas de conflit autour des ressources, comme décrit dans un film récent intitulé “ Blood Diamond” (Diamant de Sang) où le vieil homme soupire : “J'espère qu'ils ne vont pas découvrir de pétrole. Alors nous serons réellement en danger.”
Oui, l'on pourrait dire que le vieil homme de ce film a raison; la région des Grands Lacs d'Afrique est réellement en danger. Si les possibilités réalistes de résolution et de transformation du conflit doivent être développées, des préoccupations à propos du pétrole et d'autres ressources devront être abordées.
Le présent article va mettre l'accent uniquement sur la question des ressources en tant que source de conflit ou ressource pour la paix et la reconstruction. Le texte ouvre aussi une perspective sur la manière de transformer les conflits en se servant des ressources en tant qu'instruments de réconciliation et de reconstruction dans la région des Grands Lacs.
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The Curse of Oil in the Great Lakes Region of Africa
By Dr. Joseph Yav
"I hope they don't discover oil. Then we will be in real trouble". [Blood Diamond]
Introduction
To adapt an old metaphor, one could say, when the Great Lakes Region of Africa sneezes, the entire world including Africa catch a cold. Several interconnected elements shaped conflicts in the Great Lakes region, including the interests of neighbouring countries, competition over natural and economic resources concerns over instability and lack of security, and ethnic chauvinism, to name but a few.
The oil prospects of the Great Lakes region appear at once more dangerous. Uganda and the Democratic Republic of Congo are sitting on what prospectors believe could be oil reserves of up to one billion barrels in the Albertine Basin which they share. At the time of writing, the oil region of the eastern DRC was the theatre of clashes culminating in killing of civilians and militaries by the Ugandan and Congolese armies. This is now leading to fears that the lake Albert conflict may spread and make a renewed cross-border conflict involving other negative forces and countries. This may lead to another case of conflict over resources and well described in a recent movie named " Blood Diamond" where the old man sighs: "I hope they don't discover oil. Then we will be in real trouble".
Yes, one could say that the old man of the above-mentioned movie is right; the Great lakes region of Africa is in real trouble. If realistic possibilities for conflict resolution and transformation are to be developed, concerns about oil and other resources will have to be addressed. This article will focus only on the issue of resources as a source of conflict or a resource for peace and reconstruction and will offer a perspective on how to transform conflicts by using resources as tools of reconciliation and reconstruction in the Great Lakes region. (Read more)
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Greasing the wheels of reconciliation in the Great Lakes region
By Dr. Joseph Yav
Abstract: Several interconnected elements have shaped the conflict in the Great Lakes region,including the interests of neighbouring countries, competition over natural and economic resources concerns over instability and lack of security, and ethnic chauvinism, to name but a few. This generally applies to all countries in the region, namely Burundi, the Democratic Republic of Congo (DRC), Rwanda and Uganda. In addition, these countries are afflicted by poor governance and political opportunism, which leads to military action being used to resolve essentially social, political and economic problems.(
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Oui à l’indépendance du pouvoir judiciaire en RDC.
Mais avec quels opérateurs judiciaires ?
Dr. Maître YAV KATSHUNG JOSEPH
La sécurité juridique et judiciaire est la pierre angulaire de l’Etat de droit et d’une économie porteuse de perspectives réelles de croissance. Elle fait cruellement défaut aujourd’hui. L’instaurer est donc une priorité absolue. (Discours du Président Joseph Kabila)
L’accès à la justice est l’une des bases primordiales sur lesquelles repose une société démocratique. Aussi, le degré de civilisation d’un peuple se mesure à la qualité de sa justice. C’est fort de cela que les juristes affirment que les palais de justice sont les hôpitaux du ‘droit malade’ . Cette formule bien connue de tout juriste moyen est aujourd’hui devenue vide de sens car, en réalité les palais de justice ne sont devenus que des ‘cimetières’ du droit, diront certains.
Si en RDC, nous disposons de textes acceptables, on ne peut cependant pas affirmer que l’administration de la justice soit exempte de toute critique. La première tient à la dépendance flagrante entre justice et pouvoir politique. La seconde critique, et non des moindres, est la corruption. On assiste à un déséquilibre de la balance judiciaire, lorsque l’argent, le nerf de guerre, est mis en jeu. Ce mal absolu est à combattre à tout prix. La corruption de la justice est une grave insulte à l’intelligence collective ainsi qu’une démission de l’Etat face à ses prérogatives, au premier rang desquelles figure la nécessité impérieuse de garantir à tous, une justice équitable. (
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